Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Vivre plus simplement

Je rentre d'une petite marche ensoleillée dans la rue de Béthune, la rue piétonne marchande de Lille. J'écoutais les bribes de conversations au fur et à mesure que je croisais les gens, et regardais les vitrines des magasins. Et j'en suis venu à la réflexion suivante...

L'oisiveté est la mère de tous les vices

J'étais tout d'abord marqué par le monde... Beaucoup de personnes dans cette rue ! Beaucoup de jeunes... Et souvent, les bribes de conversation que j'attrape tournent autour du shopping, d'un achat... Mais pas de n'importe quel type : des marques, des trucs chers, des fringues souvent... Vivre SimplementEt quand je regarde le look de ces jeunes, arborant déjà d'innombrables produits vestimentaires de luxe, je ne peux m'empêcher d'être questionnant...

Le temps libre ne pourrait-il pas être utilisé autrement que pour consommer ? J'ai parfois l'impression qu'il n'y a plus que ça dans notre société, la consommation pour combler le vide abyssal de nos vies... Il me semble qu'il existe beaucoup d'autres lieux d’épanouissements que la consommation : faire du sport, écouter ou faire de la musique, lire un bon livre, voir des amis, s'investir dans des associations, bricoler, aller à la pêche, à la chasse, cueillir des champignons, jardiner...

Mais en tout cas, des plaisirs à moyen terme, qui ne sont pas dans la jouissance immédiate et éphémère. Des satisfactions qui demandent un effort, qui nous font consentir à accepter d'être patient et de faire du temps notre ami... Mais non, on court après nos addictions consommatrices, comme pour combler un vide, un appétit, et oublier cette vacuité qui fait mal à beaucoup, incapables de gérer leurs appétits en tout genre... Il y a, au final, une vraie question de chasteté et d'équilibre personnel...

Est-ce vraiment utile ?

C'est bien la question que je me pose régulièrement quand je vais au supermarché. Vous ferez le test. Vous vous poserez la question suivante : les produits qui me sont présentés dans ce rayon sont-ils indispensables à mon essentiel ? Et vous vous rendrez compte qu'hormis les rayons viande, poisson, légumes... La réponse est non ! Et pourtant, la surface occupée par ces rayons est la portion congrue de nos supermarchés.

Le but n'est pas de culpabiliser : moi aussi j'aime boire du Coca ou manger des biscuits apéro... Là n'est pas la question. La question est de vraiment savoir distinguer ce dont nous avons besoin pour vivre, nos essentiels, et ce qui devrait être de l'ordre de l'exceptionnel. Ainsi, en rentrant du Vietnam, j'ai fait le tri dans mes habits, j'ai aussi revu ma manière de consommer et ai fait des choix qui me compliquent parfois la vie mais que je crois juste, comme ne pas acheter de voiture.

Le fait est que l'occident vit au dessus de ses moyens depuis des décennies. Les ressources de la planète, et la solidarité à travers le genre humain exigent que nous réduisions notre train de vie. Posons-nous les questions suivantes :

  • De quels types de vêtements et de combien ai-je besoin ? On peut très bien vivre avec 5 chemises, 5 pantalons, 5 T-shirt et deux paires de chaussures...
  • Ai-je vraiment besoin d'un véhicule motorisé ? Avoir une ou deux voitures n'est-il pas un luxe quand on vit en centre ville et qu'on voyage peu ?
  • Est-il vraiment nécessaire de manger de la viande ou du poisson deux fois par jour ? De consommer habituellement des produits non indispensables à l'alimentation de base ? On peut cuisiner des repas variés, simples et bons à partir d'un panel restreint d'aliments, et bien se restaurer sans manger d'aliments superflus...
  • De quel type de matériel informatique ai-je besoin ? Mes enfants ont-ils vraiment besoin d'un téléphone portable ?
  • Quand une de mes possessions est détériorée, vais-je racheter ce produit ou essayer de le faire réparer ?
  • Avons-nous besoin d'une si grande maison, d'une si grande télé, de trois consoles de jeu ? Nos enfants ont-ils vraiment besoin de tous ces jouets ?
  • ...

Le mauvais exemple

Le fait est que l'occident a donné le mauvais exemple aux pays émergeant, en faisant de la consommation, de la finance et de la réussite sociale un but absolu, le Graal, l'aune avec laquelle on mesure la valeur de nos vies... Au Vietnam, les choses sont parfois inquiétantes : dictature de parti du côté de la politique, hyper-libéralisme du côté de l'économie. Et parfois, je me disais qu'ils n'ont gardé que les pires aspects des deux : on étouffe les libertés individuelles d'un côté et de l'autre, on creuse les inégalités de manière éhontée en enfonçant dans l'indigence les gens de peu.

Je connais quelques étudiants vietnamiens qui sont venu étudier le marketing, l'économie ou le management en France et je suis à la fois triste et inquiet pour eux. Car je connais bien le discours qu'ils entendent dans leur école, je l'ai entendu si souvent en entreprise, déclamé comme un absolu dans la bouche des jeunes diplômés.

On leur apprend à être de bon managers, de bon économistes ou marketeux "à l'américaine". Certes, certaines méthodes sont bonnes, efficaces, je les ai pratiqué moi-même, mais quand les aspects humains sont subordonnés à l'économie, la rentabilité et la finance, il ne peut jamais rien sortir de bon. L'homme ne peut être seulement un moyen, il est une finalité.

L'avenir

Pour la première fois depuis longtemps, je me suis senti inquiet. Pas pour moi, mais pour l’humanité, pour certains de mes amis qui s'engouffrent dans ce système. Je sais bien que moi aussi, j'y participe, je me laisse séduire si souvent, et même si je résiste parfois, ce n'est pas toujours à mon corps défendant.

Le fait est que ce système va s'écrouler. La déconnexion de la finance et de l'économie réelle, la culture du résultat et du profit comme seul critère de management ne peuvent rien donner de bon. Et je pense qu'à terme, il y aura une révolution, quelle qu'elle soit ! La mienne, celle que je peux mener à mon échelle, se range du côté de Gandhi : "Vivre plus simplement, pour que les autres puissent simplement vivre."

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