Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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A la résurrection des justes - Luc 14, 12-14

L’évangile d’aujourd’hui nous interpelle sur la justice et nous fait une double mise en garde sur la mondanité et la gratuité.

La mondanité !

MondainTout d’abord, le Christ nous met en garde contre la mondanité, le code et la convention sociale où l’on est poli, accueillant, fraternel parce qu’il le faut, parce que notre éducation nous dit que les choses doivent être ainsi. Certes, il ne faut pas jeter ce que nous avons reçu dans notre éducation, la gentillesse, la politesse, la serviabilité, mais le Christ nous appelle à creuser les fondements de cette fraternité : quelle est la raison profonde qui nous pousse à choisir d’être un frère, une sœur pour les autres ?

Nous laissons-nous porter mollement par nos contingences, en appliquant une somme de règles et en pensant parfois à la place des autres, ou bien prenons-nous à bras le corps, passionnément, le goût du service de nos frères, en acceptant de toujours être apprenant, de toujours être à l’école de ce dont l’autre à besoin ? Un appel à la profondeur, à la consistance humaine, à une vraie fraternité qui nous fait toujours passer par le feu de l’humilité et de la pauvreté.

La gratuité

Ensuite, le Christ nous interpelle sur la gratuité. Ne donnons pas en premier à ceux qui peuvent nous rendre, ne choisissons pas nos amis en fonction de ce qu’ils peuvent nous apporter, ne soyons pas d’abord polis et serviables avec ceux pour qui cela est socialement dû et qui sont en mesure de nous « renvoyer l’ascenseur ». Mais donnons d’abord à ceux qui n’ont rien, soyons polis et serviables avec ceux qui sont tellement pauvres que même la capacité d’être poli et serviable leur a été enlevée.

Mais ne soyons pas non plus naïfs, ne nous mentons pas à nous-mêmes : la gratuité pure, la générosité pure, seul Dieu est capable de la vivre, car il n’a rien à recevoir de nous. Nous, nous sommes des êtres en devenir, interdépendants. Et si dans la révélation Chrétienne, l’homme découvre un Dieu qui se rend dépendant de l’homme, Dieu le fait par choix, gratuit, encore une fois.

Dans ses lettres, Mme de Sévigné dit : « C’est toujours soi qu’on cherche à satisfaire en toutes choses. » Dit autrement, nos choix ne sont jamais purs, nous trouvons toujours une source de satisfaction dans les choix que nous faisons. Ce qui est important, c’est d’être de plus en plus conscient de nos leviers intérieurs, et de pouvoir choisir et ordonner d’une manière de plus en plus adulte et de moins en moins subie quelles sont les motivations qui seront au cœur de nos énergies.

La justice

Enfin, le Christ nous dit que ceux qui peuvent vivre ce détachement avec cette mondanité ou la gratification personnelle, Dieu les appelle « les justes ». Vivre la justice aujourd’hui, si nous croyons un peu ce que dit l’évangile, c’est accepter une vraie révolution copernicienne dans nos vies. Être d’abord attentifs à ceux qui sont insignifiants aux yeux de la société et de nos éducations : pratiquer la justice, c’est d’abord servir ceux qui sont pauvres, sans grade, sans titre, sans statut social, sans argent, sans parole, sans santé, sans même parfois la capacité d’aimer ou de s’aimer encore.

Et puis, à côté de toutes ces pauvretés qui nous sautent au visage, il y a toutes celles qu’on ne voit pas, qui se vivent dans le secret d’un cœur, dans la souffrance non visible d’un corps malade, dans la douleur psychologique, dans la souffrance affective, dans le désespoir de soi et du monde. Souffrance invisibles mais bien réelles.

Aurons-nous les yeux pour voir, les oreilles pour entendre, saurons-nous être des justes aux yeux de Dieu ? Saurons-nous quitter le confort de la mondanité, faire du service de l’homme notre passion, lucidement, sans course à la reconnaissance, mais de manière réaliste, sans nier notre humanité ?

Tout un programme !

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