Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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J'ai vaincu le monde - Jean 16, 29-33

Le temps Pascal, et en particulier la liturgie de ces derniers jours, fait une grande place à l’évangile de Jean,
Au discours de la cène, où Jésus parle du « Monde » et du « Royaume ».

Aujourd’hui, Jésus nous dit qu’il est « vainqueur du Monde. » Qu’est-ce que cela veut dire ?

Les rédacteurs de l'évangile de Jean

Ascension DaliPour bien comprendre les discours de Jésus sur le Monde, il faut d’abord s’arrêter sur l’identité des rédacteurs de l’évangile de Jean. Déjà, on sait avec quasi-certitude que ce n’est pas Jean lui-même qui a rédigé l’évangile qui porte son nom, mais les communautés johanniques dont il était le fondateur et auxquelles il a enseignées.

On sait aujourd’hui que ces communautés avaient opté pour un vie de type monacale et ascétique, à l’écart de la société. Vivant dans la radicalité, dans l’attente du retour du Christ, qu’on croyait imminent à l’époque, ils veulent être le signe visible de l’orientation finale de toute vie humaine.

Tout homme trouve son accomplissement, en Dieu, Dieu seul suffit ; au terme de notre existence, notre vie sera sanctifiée, totalement tournée vers Dieu.

Le Monde est-il mauvais ?

Il n’est donc pas étonnant de trouver dans l’enseignement johannique, un regard et un discours prophétique sur le Monde. Une très fausse et mauvaise interprétation de ce discours serait de dire que « le Monde est mauvais ».[1]

Non, le Christ ne dit jamais que le monde est mauvais. Mais il nous rappelle dans l’évangile de Jean :

  • Que le monde est le lieu d’un combat, le combat entre tout ce qui promeut la vie de l’homme et tout ce qui dévisage l’homme et le coupe de la vie de Dieu.
  • Que Dieu est solidaire de l’homme dans ce combat et qu’il est du côté de la vie.
  • Que, même si nous avons l’impression d’être dans les ténèbres, Dieu est le grand vainqueur et que toute vie est définitivement orientée et consacrée à Dieu.

Païen avec les païens

Pour bien comprendre aussi le discours de Jean, il faut l’articuler avec les autres figures de la bible, comme celle de Paul.[2]

Jean et ses communautés sont le signe visible que toute vie trouve sa finalité en Dieu. Le ministère de Paul est le signe d’une nécessité pour les Chrétiens de s’enraciner dans le Monde, de se faire, comme il le dit dans la première aux corinthiens, « juif avec les juifs, païen avec les païens, faible avec les faibles »[3], pour leur annoncer la vie de Dieu.

Pour nous aujourd’hui ?

  • Bouddhiste avec les Bouddhistes
  • Musulmans avec les Musulmans
  • Athée avec les Athées
  • Scientifique avec les Scientifiques
  • Communiste avec les Communistes,
  • Catholique avec les Catholiques
  • Trader avec les Traders
  • ...

La liste pourrait être longue, des lieux de ce Monde qui aspirent à la Bonne Nouvelle, qui crèvent et font crever l’homme de ne plus avoir d’espérance, de ne pas savoir voir ni plus loin, ni plus grand que l’immédiateté :

  • Du pouvoir
  • De la connaissance
  • Du dogme
  • De l’argent
  • De la productivité
  • Du statut social
  • De la vertu morale rigide et sans charité
  • ...

Le lieu de notre Sainteté

Ces deux vocations ne sont certainement pas à opposer, mais à articuler. Aucune n’est meilleure que l’autre. Elles s’enracinent toutes deux dans le baptême et sont nécessaires à la vie de l’Eglise.

Paul nous rappelle que Dieu nous confie les uns aux autres, et que l’évangile et la proposition du Christ aux hommes de notre temps ne peut passer que par une réelle fraternité, tournée vers le Monde.
Ce même Monde que Jean nous décrit comme le lieu d’un combat, le combat de Dieu et l’homme, ensemble, pour la vie.

Ce monde qui devient, par la grâce de Dieu, le lieu, ici et maintenant de notre sainteté, de notre orientation vers Dieu, car le Christ a gagné une fois pour toutes ce combat, il a vaincu le Monde.

Notes

[1] Un certain nombre de baptisés, de religieux et de prêtres en occident tiennent ce discours. Il est à mon avis non évangélique, et le signe d’un repli sur soi, d’une peur de la vie et de sa complexité.

[2] Et d’ailleurs, la liturgie du temps Pascal ne les sépare que rarement dans les célébrations.

[3] 1 Cor 9

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