Revoyons la scène au ralenti

Un homme croise un femme.
Elle marche d'un pas tranquille, il a l'air pressé.
Il ne regarde pas où il va et la bouscule.
Situation anodine, triviale.

Mais il se retourne, la regarde de haut, et lui jette :
"Vous pourriez faire attention où vous mettez les pieds !"

Il tourne les talons, et s'en va.
La femme reste planté là, abasourdie d'autant de goujaterie...

Ces gens qui ne s'excusent jamais

On en croise forcément dans notre vie. Soi-même, on prend aussi parfois cette posture, de choisir de ne pas s'excuser ou demander pardon.
Certains pousseront même le vice plus loin, comme cet homme dans la rue, de ne pas assumer leur indélicatesse[1] et ses conséquences,
Et auront l'immaturité et la mauvaise foi de rejeter la responsabilité sur l'autre, se justifiant même parfois d'avoir été acculé et de ne pas avoir eu d'autre choix.

Un peu de psychologie de marché !

Que se cache-t-il derrière ce genre de réaction :

  • Immaturité ?
  • Sentiment que tout est dû ?
  • Peur de perdre la face ?
  • Orgueil et suffisance ?
  • Incapacité à assumer ses limites ?
  • Mépris de l'autre ?

Les trois signes de la maturité

Et pourtant il me semble que savoir demander pardon, s'excuser, c'est un bon indicateur de maturité humaine :
On accepte de reconnaitre devant l'autre qu'on est faillible. Ce n'est pas de l'humiliation, c'est de l'humilité.

Car en faisant cela, on remet entre les mains de l'autre cette part de la relation qui a été blessée.
Et on lui demande, par son pardon, de la restaurer, et de restaurer en nous une certaine dignité de vivant !
Car au final, le mal qui est fait[2]dévisage autant celui qui en est l'auteur que celui qui la subit.

Les deux autres signes de maturité humaine sont évidemment la capacité à demander[3] et à remercier[4].
Mais ceci sera l'objet d'un autre billet...

Notes

[1] Maladresse, faiblesse, erreur, négligence... Liste non exhaustive !

[2] En pensée, en parole, par action et par omission !

[3] C'est à dire à se rendre dépendant de l'autre.

[4] C'est à dire reconnaître que la vie de l'autre me met en vie.