Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Un regard neuf

FishCet article inaugure une nouvelle catégorie : le Guide d'Humanité Pratique pour l'Ici et Maintenant à l'Usage des Humains Ordinaires.
Je ne donne pas plus d'explications sur son contenu, relisez l'intitulé lentement, tout y est dit ! Mais non, c'est pas compliqué ! ;-)

Le désir d'écrire la série d'article de cette catégorie est née de l'expérience des deux dernières années que j'ai vécues : deux années très difficiles, avec des oasis cependant, et riches d'enseignements.

Et l'Homme est curieusement fait, car il tire souvent le plus d'enseignements dans la difficulté, puise au fond de lui même les plus beaux trésors d'humanité quand il doit survivre avant de vivre.[1]

Ce premier article est consacré à trois attitudes intérieures qui aident à aller au-delà de la routine et à faire face à la souffrance et aux difficultés de la vie.

Note

[1] Et comme dirait Coluche, "C'est au pied du mur qu'on voit mieux le mur".

I - Routine et souffrance : deux culs-de-sac

La routine

La routine est une chose curieuse : elle accommode certains et fait fuir les autres.

En ce qui me concerne, je serais plutôt de la deuxième catégorie. La routine me dessèche et m'ennuie.
Certainement parce que je suis d'un tempérament curieux et qu'à partir du moment où je n'apprends plus rien, mon esprit se tourne vers une autre configuration.

Pourtant, ma première constatation est qu'il est difficile de s'extraire de toute routine : la vie sociale ordinaire se base dessus. Le travail, la vie de famille, les rites sociaux, difficile de s'en passer !

Ma deuxième est qu'inconsciemment et paradoxalement, j'ai une certaine tendance à la faire émerger dans mes comportements, même si elle est toxique pour moi. A cause du sentiment de sécurité, relatif et illusoire, qu'elle procure certainement.

La souffrance

La souffrance est une chose plus évidente : personne n'aime souffrir.

Dans l'introduction, je parlais des souffrances et des difficultés de la vie[1].
En fait, je les assimile volontiers dans cette seule notion de souffrance, même s'il y a une différence d'intensité, car la vie et l'écoute des autres m'ont appris une chose :

Il n'y a pas de petite souffrance, même si la raison de cette souffrance pourrait sembler futile ou dérisoire.

Je pourrais enfin classifier rapidement les souffrances en plusieurs types, en fonction de leur objet[2] :

  • Les souffrances par rapport à soi : les complexes, l'estime de soi, l'écart entre le soi rêvé et le soi réel....
  • Les souffrances relationnelles : conflits interpersonnels, ruptures, situations d'isolement, d'indifférence, de mépris ou d'abandon, le décès d'un être cher....
  • Les souffrances sociales : isolement, chômage, non-reconnaissance professionnelle, racisme...
  • Les souffrances du corps : douleurs, mutilations, maladies graves ou chroniques...

II - Deux attitudes intérieures pour porter un regard neuf sur sa souffrance

Une précaution s'impose : il ne s'agit pas ici de fournir des recettes panacéennes à la souffrance ou de relativiser la douleur, mais uniquement d'offrir des pistes qui pourraient permettre de replacer la souffrance à sa juste place dans un ensemble, dans l'espace et dans le temps.

Prendre du recul

La notion de recul est associée à l'espace.
Je pourrais dire que c'est l'arbre qui cache la foret. La souffrance nous crispe, nous centre sur la cause de notre souffrance. Plus rien n'existe autour, par exemple :

  • Le manque de confiance en soi nous empêchera d'entendre lorsque les autres nous renvoient nos talents.
  • Un conflit relationnel nous focalisera sur les personnes en cause alors que le reste du réseau relationnel "fonctionne".
  • La perte d'un emploi provoquerait un sentiment d'inutilité alors que d'autres lieux où exercer ses compétences, ou d'autres compétences existent.
  • Une incapacité physique partielle pourrait donner le sentiment de n'être capable de rien faire, alors qu'au prix de certains efforts, les possibles sont plus grands souvent qu'on ne l'imaginait.

Prenez du recul, élargissez votre espace, regardez ailleurs : vous ne vous réduisez pas à ce qui vous fait souffrir.

Prendre de la hauteur

La notion de hauteur est associée au temps.
Je pourrais dire que c'est la fatalité. La souffrance nous confine, nous condamne, efface nos souvenirs et brise nos perspectives. Par exemple :

  • La manque de confiance en soi peut nous faire oublier nos réussites passées et que d'autres viendront certainement.
  • Un conflit relationnel peut nous conduire à réduire l'autre à ce qui nous a blessé et la relation à la situation conflictuelle, et ainsi la figer, alors que toute relation évolue dans le temps avec ses bons souvenir et ses promesses de fécondité.
  • Être sans emploi peut dégrader notre relation au temps et nous déstructurer en laissant s'installer "le syndrome du chômeur"[3].
  • Souffrir dans son corps nous force dans l'instant, plus rien n'est possible a priori, hormis la souffrance.

Prenez de la hauteur, faites un travail de mémoire et d'espérance, relisez et projetez : vous ne vous réduisez pas à l'instantanéité que vous impose la souffrance.

III - Une attitude intérieure pour aller au-delà de la routine

La routine nait souvent de comportements, d'attitudes. Mais aussi et surtout du fait que nous nous habituons aux choses, à notre travail, à nos activités, à nos amis...

Laissez-vous surprendre, émerveillez-vous, ne vous habituez pas :

  • Explorez de nouveaux aspects de votre personnalité, développez vos compétences, réjouissez-vous en !
  • Émerveillez-vous de vos amis : rien que le fait qu'ils existent et que vous ayez croisé leur route. Réjouissez-vous de la vie qu'ils déversent dans votre vie !
  • Soyez curieux dans votre travail, dans vos activités extra-professionnels, adoptez de nouveaux points de vue, ne suivez-pas la pensée unique !
  • Émerveillez-vous de la beauté de la vie, du monde, de l'être humain.

Émerveillez-vous ! Refusez de vous habituer aux choses, il suffit de le choisir ! Adoptez le regard d'un enfant !

En guise de conclusion

Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté, disait Beaudelaire.
J'espère que ces trois petites attitudes vous aideront à allez au-delà de la routine qui tue et des souffrances de la vie, petites ou grandes, comme un enfant dont l'émerveillement transcende tout ce qu'il touche.

N'oubliez pas : élargissez votre regard, faite œuvre de mémoire et d'espérance, émerveillez-vous. Ce n'est pas si compliqué, il suffit de se poser la question, et de le choisir...

Notes

[1] Je ne parle évidemment pas de la difficulté qui s'assimilerait au challenge, comme les difficultés auxquelles pourraient faire face un sportif, un musicien, un chercheur d'emploi, ou toute personne confrontée à une situation où il doit se dépasser pour atteindre une certaine performance, résoudre un problème ou franchir les étapes d'une initiation.

[2] A noter qu'une situation de souffrance est très rarement réductible à un type et est souvent "polychrome".

[3] Se coucher, se lever et manger n'importe quand...

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