Certains délaissent leur blog par manque de temps.
En ce qui me concerne, c'est par manque de conviction.

La liste des articles en attente logés dans un coin de ma tête est pourtant assez longue et je ne renierais aucun des articles que j'ai déjà écrits.
Mais si je devais les mettre en mots, je pense qu'ils sonneraient plus cyniques que joyeux et cela ne correspond pas au ton du blog.

L'expression de la joie semble toujours amère dans la bouche de celui qui la perçoit avec distance, à l'extérieur de soi.
En ce qui me concerne, depuis 4 ans, la vie a été une succession de quelques réussites et de bons moments.
Mais principalement de paires de claques monumentales, que ce soit du point de vue professionnel, pastoral, personnel ou relationnel.

Et je ne suis pas un boxer, je trouve que ça n'apporte rien de donner des coups ou de les encaisser avec sourire comme si de rien n'était.
Et je ne me ressens pas non plus le besoin de rouler des mécaniques ou de "jouer au mec", comme si ça rendait plus viril ou adulte...

En fait, quand je repense à celui que j'étais à 20 ans, je ne retrouve que peu du jeune homme que j'étais, enthousiaste, courageux et attiré par l'inconnu.
Je suis même devenu tout ce que je vomissais à cet âge-là : un petit bourgeois frileux, soucieux de sa carrière et de son niveau de rémunération.

Et même si certains de mes choix laissent encore transparaître certaines de mes convictions, de glissement en glissement, je me suis laissé compromettre.
Par les bien-pensants de la pensée unique, de la norme dans laquelle il faut rentrer, que ça soit dans son travail, sa manière de vivre ou ses relations.

Mais voilà, je suis exigeant, excessif, compliqué et hypersensible,[1] quatre composantes qui font la vie dure, à moi-même en premier, et à ceux qui me sont proches ensuite.
Et c'est certainement à cause de ce tempérament que la musique a toujours été LE fil conducteur, et qu'il le restera encore longtemps : elle est entière et ne fait pas de concessions.

C'est un fait, tout le monde doit un jour ou l'autre faire le ménage devant sa porte, prendre ses responsabilités, arrêter de penser qu'il est le centre du monde.
C'est ce que je vais faire pour moi. Et inviter aussi délicatement que possible la vie et les gens qui m'entourent à le faire.

Parce que de glissement en glissement, si vous vous laissez faire, ça sera toujours vous le "bon con".
Moi, je me suis laissé faire, et ça me fout en rogne. Et c'est pour cela que le blog fait un pause : il n'est pas le lieu de cette colère.

Toutefois, rappelez-vous toujours ceci : quand vous ouvrirez les yeux au beau milieu de la nuit,
Et que vous scruterez du regard sa solitude obscure, elle n'est en fait que l'écho palpable de votre silence intérieur.
Au bout du compte, on est et reste seul, et tous les artifices que nous déployons dans la vie n'y changent rien.
Celui qui n'a pas compris et accepté cela a encore du chemin pour être un humain et adulte.

En ce qui me concerne, je reprends mon bâton de pèlerin. Bonne route à vous !
Peut-être que nos pas se mélangeront à la croisée des chemins...

Notes

[1] Passionné, en un mot.