Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Tomber sept fois, se relever huit...

Ce billet n'aurait dû paraître que dans quelques semaines, voir quelques mois : Il n'était tout simplement pas fini dans ma tête...

Mais des événements personnels survenus la semaine dernière ont comme "catalysé" son écriture. Du coup, il dame le pion aux deux articles qui paraîtront bientôt : Des nœuds au cerveau et Goodbye, yellow brick road (un peu de teasing, ça ne fait pas de mal...).

Le titre de ce billet est tiré d'un haïku, et cela fait des mois qu'il obsède mon esprit...

De déséquilibre en déséquilibre

HaïkuIl n'y a pas d'autre moyen pour avancer dans la vie : il faut accepter le déséquilibre, tout comme lorsque nous marchons, nous allons d'une jambe sur l'autre, toujours en suspend.

Cela implique d'accepter de tomber parfois, et d'avoir mal. Nous y sommes tous plus ou moins bien préparés, en fonction de notre tempérament, de notre contexte familial, de nos valeurs et des événements de la vie.

Chroniques de la chute

Car nous pouvons avoir l'impression d'être forts, joyeux, optimistes, plein d'espérance, résister même des années aux bourrasques de la vie...

Et un jour, une brise glacée et sanglante trouvera la faille dans nos murs, déjouera nos tours de gardes, et nous surprendra en pleine nuit, pendant notre sommeil.

Ou bien nous séduira par la douceur de son souffle et se fera notre intime, pour mieux nous poignarder en plein cœur, au moment le plus inattendu...

Ou pas !

C'est là le mystère de la vie ! Certains ne se carapaceront pas, mais apprendront à se construire une colonne vertébrale. C'est toute la différence entre les mollusques, durs et solides en apparence, mais mous à l'intérieur, et les vertébrés, de chair et de sang vulnérables, mais debout, scrutant l'horizon et la destination que leur cœur désire !

Ou bien ils seront vertébrés un temps de leur vie, mollusques à d'autres, et ainsi de suite... Parfois, je m'amuse de ce que certains considèrent les autres "fragiles", sans rien connaître de leur histoire, des victoires, souvent nombreuses, qu'ils ont remportés pour être là, debout, ici et maintenant !

Ceux qui sont les plus fragiles ne sont pas toujours ceux qui en ont l'air et il en est de même pour les plus solides. Tout cela est bien mystérieux et il n'y a aucun jugement à porter sur les itinéraires de chacun !

Tout s'apprend, même tomber !

Cette phrase de l'empereur Guillaume II est pleine de sagesse... Il y a quelques mois, je suis tombé, méchamment tombé, comme jamais auparavant : mes yeux ne voyaient plus, mes oreilles n'entendaient plus, mes doigts ne sentaient plus rien, plus aucune saveur sous mon palais, plus aucun désir dans mon cœur.

Juste la nuit, le silence, le vide, la tristesse, la peur et la désespérance... Sans l'aide et le soutien d'un certain nombre de sages, de mes amis proches, et du lien avec ma famille, je ne sais pas comment j'aurais pu retrouver la force de creuser en moi pour trouver des sources vives, plus profondes et plus fraîches que celles qui s'étaient taries...

Telle est la vie, tomber sept fois et se relever huit

De toute évidence, je ne sais pas encore tomber... Mais une chose est certaine : je sais me relever et et reprendre ma route !

Parce qu'au final, il n'y a que ça qui compte : marcher, obstinément, passionnément, malgré le blizzard et la pluie, le froid et l'obscurité !

C'est quelque chose que j'ai compris il y a presque 15 ans maintenant : la vraie force n'est pas dans la dureté d'une carapace, qu'elle soit de peur, d'orgueil ou de suffisance, carapace qui nous protégerait des coups, mais dans le courage de l'homme qui se dresse vers l'horizon, vulnérable à la vie et aux autres, le regard brillant et le désir au cœur !

L'illogisme salvateur

Avez-vous remarqué ? Ce haïku n'est pas logique ! Si nous tombons sept fois, il suffit de se relever sept fois pour se remettre debout, pas huit !

Cela signifie pour moi, qu'un jour où nous seront debout, dans le déséquilibre de la marche, nous nous relèveront sans être tombés. Ou plutôt, devrais-je dire : nous nous élèverons !

Car viendra un temps où ce qui nous meurtrissait n'aura plus d'emprise sur nous, où la lourdeur d'une certaine gravité ne pourra plus jamais nous faire tomber. Mais pour cela, il faut déjà avoir la force, le courage d'être des hommes et des femmes de déséquilibre !

Ce temps, il est déjà là, pour nous, aujourd'hui, ici et maintenant, il suffit de se mettre debout et d'avancer dans la vie !

Bonne route vers Pâques !

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Raph Raph ·  23 mars 2010, 12:20

...Et moi je connais certains Vertébrés qui se métamorphoseraient bien en Mollusques, car à ma connaissance, les hernies discales et les sciatiques, eux ils ne connaissent pas ;-)
Vivement Pâques et le passage de l'obscurité à la lumière, du liquide amniotique au grand air !! :Plop

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