ExisterCar c'est assez facile, simplificateur, réducteur, de prendre nos grilles d'interprétation personnelles et de les plaquer sur les autres :

"Tu as fait ça,
tu as dit ça,
tu t'es comporté comme ça
donc
tu vis ça,
tu es quelqu'un comme ça,
ta vie, elle est comme ça."

J'avoue que c'est un des rares comportement qui me met en colère en trois secondes top-chrono quand je m'y trouve confronté,
car cette "psychologie déductive" est assez peu respectueuse :

  • Elle enferme plutôt que libérer
  • Elle normalise et oblige à entrer dans des cases plutôt qu'inviter à vivre ce que nous désirons
  • Elle interprète et trahit le sens de ce que je vis sans connaître ce qui est en jeu et en me privant de la liberté de me dire

Et peu importe si cette formulation est timide, approximative ou maladroite :
chacun est "l'acteur principal du film de sa vie", et c'est à chacun d'en raconter l'histoire et d'en donner le sens.

C'est finalement ce qui se passe, de manière très ordinaire, au quotidien, dans l'amitié ou la relation de couple :
chacun créé en soi et dans le concret de la vie, l'espace nécessaire pour que l'autre puisse exister et dire qui il est.
Et si quelque chose pose question, ou interpelle l'entourage, et bien ceux qui aiment vraiment osent poser les questions plutôt qu'interpréter.
Car on aime ses amis ou son conjoint avec leurs qualités et leurs défauts, avec leurs dynamismes et ce qui doit encore croître et mûrir.

Je crois que c'est un grand pas de maturité que de savoir respecter l'autre au point de ne pas l'enfermer dans ce qu'on imagine de lui
mais de l'inviter à dire sa vie et à être plus pleinement lui-même.
C'est aussi cela, devenir ce que l'on est : construire des relations où on se grandit les uns les autres,
où on s'offre mutuellement d'exister un peu plus, l'espace et le temps de la croissance !

En route !