Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Question d'interprétation !

PartitionJe ne pouvais pas ne rien publier le jour de la fête de la musique !
Un thème a retenu mon attention, commun au monde de la musique et aux relations humaines : la question de l'interprétation !

Créer du lien !

Quand un compositeur écrit une œuvre, il a souvent en tête une esthétique, un message, une émotion, le désir de communiquer et transmettre une expérience ou un sentiment personnel (je suis bien placé pour le savoir).Ou pour être plus juste, il vise de toucher l'auditoire et de susciter en lui une réaction, intellectuelle ou émotionnelle ou les deux. Cette réaction va avoir pour effet que l'auditeur va s'approprier l'œuvre et qu'elle va avoir un sens, une signification ou une portée symbolique et relationnelle pour lui.

Il en est de même dans nos relations humaines : à travers nos comportements, nos actes, nos paroles, nous cherchons à toucher, rejoindre l'autre et susciter en lui une réaction afin de créer du lien, du relationnel.

I'm afraid I don't understand !

Vouloir créer du lien ne suffit pas, se pose aussi la question du langage ! Et pas seulement du langage de l'émetteur, mais aussi du récepteur !

Beaucoup de compositeurs en avance sur leur temps ont été mal accueillis car leur langage musical n'était pas "compréhensible" de leur auditoire. Mais c'est là un cas extrême.
Cela arrive aussi dans la vie, que des personnes soient incapables de communiquer car leurs univers et leurs références sont tellement aux antipodes qu'aucun message ne soit audible ni d'un côté ni de l'autre.

Interpréter : donner du sens où trahir ?

La question de l'interprétation ne se joue pas du même "côté" si l'on parle de musique ou de relations humaines .

Un musicien interprète une œuvre pour la restituer à son auditoire. Il fait ses choix d'interprétation comme on dit. En théorie, il se doit de le faire dans le plus grand respect du compositeur, sans dénaturer l'œuvre par une empreinte trop personnelle, mais sa sensibilité personnelle doit venir se mettre au service de l'œuvre presque de manière imperceptible pour l'auditoire.
Il doit "mettre à jour", révéler le sens de l'œuvre et pas lui donner un sens. Il y a parfois des interprétations ratées ou anachroniques, ou de mauvais goût. On peut repenser aux années 60-70 où on interprétait du Bach comme de la musique romantique (beurk...).

Dans le cas des relations humaines c'est le "récepteur" qui interprète les paroles qu'il entend, les comportements qu'il voit. Et c'est là qu'est le piège, dans lequel nous tombons tous au moins une fois dans notre vie ! Le piège de plaquer nos propres grilles d'interprétation sur ce que nous dit l'autre, ou sur son comportement. Car nous sommes des extraterrestres les uns pour les autres !

Nos comportements et nos paroles sont pétris de notre éducation et de notre histoire personnelle, qui ne sont pas celles de celui qui est en face de nous. Et parfois, une parole ou une attitude que nous posons peut avoir un sens diamétralement opposé à celui que nous donnons pour la personne qui nous fait face (et vice versa) !

Apprendre le langage de l'autre

Tout bon musicien doit passer de longues heures à apprendre et comprendre le langage d'un compositeur qu'il souhaiter interpréter pour pouvoir lui-même parler ce langage.
Car s'il plaquait sur la musique sa propre interprétation, il la trahirait certainement et la priverait de ce qu'elle a à dire !

C'est à ce prix qu'un musicien devient adulte et respectueux de la musique qu'il joue et qu'il devient capable de la communiquer à son auditoire !

Pour les relations humaines, il en est de même. Nous en faisons tous l'expérience avec nos amis.
Si nous plaquions nos propres schémas d'interprétation sur leurs vies, nous les emprisonnerions dans ce qu'ils ne sont pas et les priverions de la liberté de dire qui ils sont.
Toute relation réussie et bienveillante passe par l'apprentissage du langage de l'autre, pour le comprendre, et parfois même le parler, même si ce n'est pas le nôtre !

C'est à ce prix qu'on devient adulte et respectueux de ceux qu'on aime et qu'on peut inventer avec eux un langage commun, emprunt de complicité et de bienveillance !

Un merci au passage

J'ai la grande chance de connaître des musicien qui m'ont fait voir cet horizon et appris à balbutier quelques langages de grands compositeurs.
Cela m'a permis de commencer à construire mon propre langage en tant que compositeur.
Merci à vous pour ce trésor...

J'ai la grande chance d'avoir des amis qui ont appris à parler mon langage et m'ont appris le leur.
Cela nous a permis des partages en confiance et en profondeur, des rires, de la complicité et de la bienveillance quand il y avait parfois des choses plus difficiles à se dire.
Merci à vous pour ce trésor...

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