Je n'aime pas trop "raconter ma vie" ici, style :
"Voilà les tofs d'mon couz, il est trop cool ! Toi j't'adore ! Lâchez vos coms !"
Mais pour une fois, j'ai envie de vous raconter ma journée...

Le réveil est toujours une torture !

La douche, une rédemption (et pas seulement olfactive) !
Je suis assez émerveillé ces temps-ci d'expérimenter à quel point mon corps fait partie de moi.
C'est d'une extrême banalité, me direz-vous. Mais la douche du matin réveille mon corps... et mon esprit.
Dans notre société, tiraillée entre le déni et l'adulation du corps,
cela me rappelle que ce corps de chair qui est le mien est le temple de mon Être et qu'à ce titre,
en prendre soin, c'est prendre soin de moi, en profondeur...

Rien d'extraordinaire dans ces "figures imposées" de l'hygiène matinal. Juste l'ordinaire de l'humain, où la chair et le sang et sa vie intérieure sont intimement liés.

Le Marché

Pour faire quelques courses. Expérience de la diversité culturelle, sur les visages, les vêtements, les langues... J'aime cette ambiance.
Je vois des sourires, des visages inquiets, des gens qui cherchent, certains qui calculent, certains pressés, d'autres qui flânent.
Je vois un père de famille apprendre à sa fille à partager dignement avec un mendiant,
c'est à dire pas seulement en jetant une pièce dans un gobelet, mais en parlant avec la personne et en souriant.

Rien d'extraordinaire dans ce petit marché de quartier. Juste l'ordinaire des vies qui se croisent, d'un bouillonnement de désirs, de joies, d'espoirs, de tristesses et de souffrances parfois.

Des amis qui viennent manger, avec leurs trois enfants...

On parle de la vie, des choses joyeuses, et des choses moins joyeuses, des questions en suspend, des changements de cap possibles...
On s'émerveille des enfants qui grandissent, qui découvrent, expérimentent, surtout mon piano d'ailleurs, source de grand intérêt...
On partage le repas, aux saveurs douces-épicées, arrosé de bière, se concluant par la douceur des fruits frais...

Rien d'extraordinaire dans ce repas. Juste l'ordinaire de quelques morceaux de vie, tout aussi nourrissants que le repas partagé.

Un temps en ville, au soleil, avec un puis deux, puis quatre amis.

Des musiciens jouent sur la Grand Place. Autour d'une glace, la vie a une certaine fraîcheur, même par cette chaleur estivale !
Je savoure la complicité, les rires, la simplicité. Là aussi, on parle de la vie, des projets de l'un, des vacances de l'autre...
Chacun amène ce qu'il porte en lui : joies, peines, questions, espoirs, rires, difficultés, blagues, réflexions...
Avec eux, j'expérimente souvent la confiance et la bienveillance, et je m'émerveille de cette capacité qu'ils ont,
chacun à sa manière, de poser un regard pétillant sur la vie.

Rien d'extraordinaire dans ce temps de flânerie. Juste l'ordinaire de cette petite communauté de vie, une parmi d'autres, un de ces lieux où l'on grandit ensemble.

Et puis ce temps de solitude, au soir de cette journée.

Un temps pour ressaisir et relire tout l'extraordinaire de cette journée ordinaire et pour en savourer la joie.
Et je me dis que je ne le fais pas assez souvent, que je passe parfois à côté de tout ça
car je ne prends pas le temps d'ouvrir les yeux et de me rendre disponible à cet ordinaire.
Il peut sembler routinier souvent, difficile parfois. Mais c'est dans cet ordinaire que se joue l'essentiel.

Rien d'extraordinaire dans cette journée qui ressemble à tant d'autres. Juste l'ordinaire de la vie. Mais n'est-ce pas suffisant pour combler le cœur d'un homme ?