Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Le mystère de la page blanche

C'est aujourd'hui Pâques et les Chrétiens fêtent la résurrection du Christ à travers le monde.
Du drame du Vendredi Saint à la joie du matin de Pâques, il y a un samedi de silence, que nous négligeons trop souvent.
Je pense que mon travail de composition m'a appris à savourer ce jour entre la mort et la résurrection, ce jour où il ne se passe rien !

PartitionCar il y a quelque chose d'assez similaire entre ce Samedi Saint et une page blanche, encore vierge de toute musique :

  • La page blanche est déjà une mort car elle concrétise le choix de laisser se creuser en soi soi l'espace nécessaire pour que l'inspiration jaillisse. Mais elle n'est pas l'inspiration elle-même, elle l'appelle et la suscite, tout comme le Samedi Saint porte l'espérance de la joie de Pâques.
  • La page blanche implique le silence, à l'intérieur de soi surtout, pour laisser résonner la musique du monde qui murmure autour de soi, tout comme le Samedi Saint porte le murmure de la vie du monde.
  • La page blanche suspend le temps, pour qu'un rythme prenne naissance, tout comme le Samedi Saint porte cette suspension du temps, qui semble s'arrêter alors que la vie poursuit son cours.


Nous avons besoin de Samedis Saints !

Nous sommes parfois embarqués malgré nous dans la souffrance et la mort. Et c'est vrai qu'il y a des douleurs qui nous laissent hors d'haleine, sans forces, épuisés, révoltés. Nous nous focalisons parfois aussi sur ce qui donne l'illusion de bien vivre, comme pour dissimuler ce qui est encore en devenir et appelé à grandir ou exorciser notre peur de la mort.

Je cois que nous devons réapprendre à écouter le silence.
Ce silence du Samedi Saint où la vie reprend son droit, discrètement, délicatement.
Ce silence qui est entre la tristesse de la mort et de la séparation et la joie d'une vie renouvelée et abondante.
Ce silence qui est la marque du désir et de l'espérance.

En ce qui me concerne, Pâques n'est pas encore tout à fait là, et certains moments ont parfois un arrière-goût de Golgotha. Mais j'aime cet "entre-deux-mondes", ce silence chargé d'espérance. Cette leçon de vie, je l'ai reçue de la musique et de la composition.

Nous avons tous besoin de Samedis Saints et de Pages Blanches, de ces moments de silence et d'espérance, où le temps suspend son vol, où la musique et la vie se pressentent, et ne demandent qu'à jaillir ! Il "suffit" d'avoir l'humilité et la patience de les laisser se frayer un chemin en nous !

Bonne fête de Pâques !

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