Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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La vérité toute nue...

J'ai déjà eu l'occasion de parler de la question de la vérité dans Que votre oui soit un oui et Le syndrome de la boule de cristal...
S'il y a vraiment une chose avec laquelle j'ai beaucoup de mal, c'est le manque de franchise et la dissimulation dans l'amitié.
J'ai toujours préféré la simplicité d'une vérité directe et parfois dérangeante, quitte à être remis en question, car c'est comme cela qu'on avance et qu'on grandit, ensemble.

Des événements récents m'ont conduit à la réflexion suivante...

La parole sauve... mais pas toujours...

Car pour qu'une parole vraie "sauve", c'est à dire fasse grandir et ouvre à un avenir, faut-il encore qu'elle soit bienveillante, et pleine d'espérance en l'autre. Il y a des paroles qui tuent, qui visent à blesser, à humilier, à assouvir une vengeance, à se défouler d'une souffrance avec laquelle on est encombré...

J'ai toujours cru en la puissance d'une parole et d'un dialogue qui ouvrent le champs des possibles, qui révèlent à l'autre qu'il est plus que ce qu'il croit être...
Que ce qu'on ait à partager soit de l'ordre de la joie ou d'une recherche d'une relation plus ajustée, la parole posée doit être offerte dans le juste lieu, dans le juste temps et de la juste manière.

Le juste lieu

Choisir comment on se situe dans l'espace pour parler est important. Vais-je rencontrer l'autre, parler au téléphone, envoyer un courrier...?
Le choix de la "distance" peut rendre la réception de la parole posée plus simple ou plus compliquée.

Parfois, certaines paroles d'affection ont besoin de la distance d'une lettre et d'être "absent physiquement" pour qu'elles soient dites de manière pudique.
Parfois, certaines paroles difficiles ont besoin d'être dites face à face pour que le discours soit plus juste et ne se réduise pas à des mots, peut être abruptes.

Le juste temps

Choisir à quel moment on va parler à l'autre est important. Est-il en forme, réceptif, ou bien fatigué et sur la défensive...?
Le choix du "bon moment" peut rendre la réception de la parole posée plus simple ou plus compliquée.

Parfois, certaines paroles d'affection ont besoin de se déployer et de se distiller dans le temps pour qu'elles soient dites de manière libérantes.
Parfois, certaines paroles difficiles ont besoin d'être dites lorsqu'on sait qu'elles ne démoliront pas l'autre, mais le feront grandir.

La juste manière

Choisir ses mots, et la manière les dire à l'autre est important. Est-ce que certains mots risquent d'être mal compris ou l'aider à mieux comprendre ce qu'on veut partager...?
Vais-je rester debout, m'assoir en face ou à côté...? Le choix du "bon langage", verbal ou corporel, peut rendre la réception de la parole posée plus simple ou plus compliquée.

Parfois, certaines paroles d'affection ont besoin de se dire dans le silence d'une joie partagée dans l'ordinaire de la vie pour qu'elles soient accueillies à leur juste mesure.
Parfois, certaines paroles difficiles ont besoin d'être dites avec extrêmement de délicatesse et de bienveillance pour qu'elles ouvrent à un avenir.

En guise de conclusion

La vérité toute nue, nue dans le sens de simple, sans fioritures est toujours un signe de bonne santé dans l'amitié et le manque de franchise ou la dissimulation sont deux fléaux à combattre. Mais la vérité n'est pas la transparence et le choix du juste lieu, du juste temps et du juste moment, pour l'autre et pour soi, est primordial.

Car certaines paroles, qu'elles soient de croissance ou d'affection, peuvent nous faire du bien et nous "soulager", mais démolir l'autre, lui faire peur ou lui donner des illusions :
Il faudra parfois attendre un bout de temps avant de pouvoir parler de telle "pierre d'achoppement" qui peut aider une relation à grandir si elle est assumée et dépassée.
Il faudra parfois des années avant de pouvoir balbutier un mot d'affection qui puisse être entendu, compris et accueilli joyeusement.

Évidemment, on ne sait jamais vraiment si c'est le bon endroit, le bon moment ou la bonne manière. Mais c'est là la magie de l'amitié : elle s'accommode assez bien des mots timides, humbles et maladroits, du moment qu'ils sont bienveillants et pudiques... Il suffit de croire en l'autre et de faire confiance...

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