Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Intégrer l'intégrisme ?

Je réagis volontairement avec quelques semaines de "retard" sur la polémique engagée à l'occasion de la réintégration des évêques intégristes dans le giron catholique.
Il faut toujours du temps et de la patience pour discerner les vraies questions qui se posent derrière le tumulte et l'agitation....

Quand je parle d'agitation, je ne parle évidemment pas des protestations vives et justifiées suite aux propos négationnistes de Mgr Willliamson !
Ces propos sont à mes yeux condamnables : celui qui nie la réalité historique de la shoah par conviction religieuses peut-il encore se dire Chrétien ? Je ne crois pas !

L'agitation dont je parle, c'est celle des catholiques intra muros, autour des questions de liturgie, de théologie, etc...
J'ai mis du temps à me faire un avis sur cette réintégration. Certainement en raison d'un certain malaise intérieur que je n'arrivais pas à formuler. Un ami a mis des mots pour moi sur la vraie question.

C'est le rapport au monde qui nous entoure qui est en jeu

EspéranceCroyons-nous qu'il faut partir en croisade contre ce monde qui est mauvais et qu'il faut convertir à tout prix ?
Qu'il faut rebâtir une société chrétienne quitte à embarquer hommes et femmes malgré eux dans un modèle de religion
où la norme morale vient avant le théologal,
où la pensée unique passe avant la vocation,
où le carcan des conventions prime sur l'authenticité des rencontres ?
Dans ce modèle, régit par le "il faut/il ne faut pas" et le "on doit/on ne doit pas", l'intégrisme pointe son nez : on étiquette, on met dans des cases, il y a les purs et les impurs...

Ou bien croyons-nous que le monde est sauvé une fois pour toute, et que rien, vraiment rien, ne pourra nous séparer de l'amour du Christ ?
Que nous avons juste à affuter notre regard, et à chercher les germes de ce Royaume qui est déjà là ?
Que nous avons juste à oser ce regard d'espérance sur le monde qui nous entoure ?
Ce regard timide, hésitant, de ceux qui cherchent et n'écrasent pas les autres de leurs certitudes,
ce regard plein d'espérance qui invite à chercher ensemble,
pas nécessairement dans la même direction,
pas nécessairement de la même manière,
peut être même pas nécessairement dans la même foi ou les mêmes convictions,
peut être même sans foi du tout...

Et franchement, malgré tous les discours "consensuels" des responsables catholiques autour de cette réintégration, je ne peux m'empêcher de penser que tant que nous seront en désaccord sur cette question profonde du rapport au monde, nous ne croirons pas au même Christ !

Car au bout du compte, être confronté à l'intégrisme me pose deux questions :

Suis-je croyant ou savant ? Est-ce que je crois, ou est-ce que je sais ?
J'ai ma propre réponse à cette question : je ne sais pas si le Christ est ressuscité, mais j'y crois.

Que ferai-je le jour où ma foi au Christ ressuscité me fera, en conscience, tourner le dos à la religion qui m'a transmis cette foi, si cette religion devenait le berceau d'un intégrisme de plus ?
A cette question, je n'ai pas de réponse...

Saisir un commentaire (4)

n°100 n°100 ·  23 février 2009, 09:40

Quelques petits commentaires à ton billet.
1. Au sujet de la réalité historique de la shoah : Bien sûr que cet anéantissement a eu lieu. Et peu importe les moyens que les nazis ont utilisés pour parvenir à leurs fins. Je veux juste dire qu'à force de ne parler que de la shoah, on oublie l'extermination des handicapés mentaux et moteurs, l'extermination des peuples tziganes... C'est une autre forme de négationnisme.
2. Au sujet de la différence entre croire et savoir : il ne sont pas synonymes. Et contrairement à l'utilisation commune du terme (- je crois que... - tu crois, ou t'en est sûr ? - j'en suis sûr.), "croire" induit la notion de vérité, la certitude, la réalité (bien au delà d'une assurance ou d'un simple savoir). Comme toi, je crois que le Christ est réssuscité, j'en suis sûr, c'est une réalité.

Kompozitor Kompozitor ·  23 février 2009, 09:53

@n°100 : Merci pour le commentaire !
En ce qui concerne le premier point, c'est vrai...
Par contre, le scientifique que je suis ne peut pas être d'accord avec le deuxième point : ce qu'on sait, c'est ce qu'on démontre. Savoir implique qu'on établit des faits. La foi implique effectivement la notion de vérité, car on place sa confiance, a priori, en des choses qu'on croit vraies.

Par contre, personne ne peut me démontrer la résurrection du Christ ou l'existence de Dieu. Je me méfie toujours un peu de l'étendard de la vérité que brandissent parfois les religions. Pour moi, le christianisme n'est pas une religion de la vérité, mais une religion de nomades qui marchent et qui cherchent.

Et de toute façon, au bout du compte, la vraie question n'est pas d'être d'une religion, mais de mettre ses pas dans ceux du Christ... Je n'ai aucune certitude que les deux soient vrais, mais j'ai des raisons d'y croire et d'y engager ma foi.
JulienA JulienA ·  23 février 2009, 10:47

Je précise pour commencer que je suis non croyant, mais ça ne m'empêche pas de m'intéresser à la question.
Je ne crois pas que Dieu existe, et je ne crois pas non plus que le Christ ait jamais existé, du moins autrement qu'un homme comme vous et moi. Mais je n'en ai pas la certitude absolue. Pourquoi ? Parce que rien n'est jamais certain. Et c'est mieux comme ça. Depuis des millénaires, l'Homme avance grâce au doute. Il remet en permanence en question ce qu'il croyait savoir, et c'est comme ça qu'il progresse, en aveugle.

Pour moi, assener que quelque chose est une réalité absolue, une évidence irrévocable est très dangereux. Proche de l'intégrisme... Le genre de comportement qui fait stagner l'humanité.

Steph Steph ·  23 février 2009, 11:03

Personnellement, l'imbroglio médiatico-théologico-vaticanesque me met également mal à l'aise. Je pense qu'il y a eu une erreur magistrale de communication. L'Église à vocation au pardon mais a vocation également à l'Universel, elle a vocation à s'adresser au Monde sur les grandes questions et d'offrir un éclairage Chrétien. Si beaucoup de personnes que je connais bottent en touche sur cette question en accusant les médias de lynchage anticlérical en règle (comme à leur habitude en France), ce serait bien mal suivre l'actualité car cette fois, la vague médiatique survient dans TOUS les pays (y compris ceux où Catholique n'est pas une injure). Plus grave encore, elle met en difficulté nos relations avec la religion Juive, relations si difficiles à nouer et que le précédent pape s'est attaché à construire avec talent et diplomatie...
En tant que Chrétien, je ne peux accepter l'idée d'une volonté de nuire de la part de la Tête de l'Église. Je regarde donc cet événement comme une formidable erreur de communication et très certainement un fourvoiement sur les priorités de la parole chrétienne dans le monde actuel...

A l'heure ou toutes les structures économiques humaines sont en train de s'effondrer car elles n'ont plus rien d'Humain et qu'au contraire, elles écrasent l'Homme, l'Église a, plus que jamais son rôle à jouer !!! Proclamer qu'il faut rendre à César ce qui lui appartient et bâtir d'urgence la civilisation de l'Amour et non celle du chacun pour soi !!

Du fouilli médiatique de ces dernières semaines sur la fraternité St Pie X, il ne ressort pas cette Voix que j'espère dans l'Eglise, cet Esprit d'Assise qui était également un chemin de réconciliation ! Un chemin beaucoup plus universel que celui qui a amené l'Eglise à tendre une main vers ceux qui ont osé (et osent encore !) proférer l'innomable...

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