Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Hakuna Matata... Enfin presque - Partie 4

Nous voilà en route pour Embu, lieu de la mission de Marjorie et Sébastien. Sur la route, des rizières, héritage de quelques chinois venus enseigner la culture du riz aux Kenyans et qui sont repartis. Le paysage se vallonne, nous prenons de l'altitude et nous arrivons.
Tout de suite, l'ambiance est différente : on ne voit pas beaucoup de Mzungus ici. Assaillis de toutes parts par des vendeurs et des chauffeurs de Matatu, nous prenons un taxi jusqu'à notre nouvelle escale.

Carlo Liviero Home

Kenya - Aout 2008_875.JPGSeb et Marjo vivent dans une école pour garçons des rues. Orphelins ou anciens délinquants, Carlo Liviero Home est une aubaine pour ces jeunes. Le taux de réinsertion est très correct : beaucoup poursuivent des études et trouvent un travail.

L'école est tenue par les Little Sisters of the Sacred Heart (que nous appelions entre nous et de manière taquine les Fat Sisters of the Saced Appetite - no comment). Une Italienne et quatre Kenyanes composent cette communauté très accueillante.
Seb et Marjo y interviennent pour quelques cours de français et de musique.

The Child Welfare Society

Principal lieu de travail de Marjorie, cet orphelinat accueille des enfants de 6 mois à 14 ans environs en vue d'une adoption ou d'un placement. Les enfants sont pour la plupart abandonnés parfois placés. Dans ce pays où les femmes ont peu de droits et où la contraception trouve difficilement sa place dans les mœurs, les avortements tardifs sont fréquents (la technique employée par les avorteurs implique que le bébé soit facilement "attrapable" à la main :-S) et tous les enfants ont des histoires difficiles, voir sordides.

  • Le petit Kiama a été abandonné par sa mère : elle l'a jeté dans une fosse sceptique pour se débarrasser de lui. Les voisins l'ont entendu crier, ont brisé la dalle de béton et l'on sauvé. A ce jour, il se porte très bien !
  • Makéna a été placée volontairement par sa mère, qui a 16ans. Elle est épileptique et a été violée pendant des crises. Elle vient de donner naissance au petit frère de Makéna, et a appris durant son passage à l'hôpital qu'elle était séropositive...
  • Beaucoup d'autres, Chrisitne, Francis, Kevin ont des histoires similaires et sont arrivés à l'orphelinat avec de gros retards sur le langage, la marche, l'hygiène...


Marjorie s'attèle essentiellement à former les éducatrices et à faire mûrir la structure. Les Kenyannes sont des bonnes mères, mais n'ont pas la culture ni la formation pour s'occuper d'enfants en structures d'accueil. Un exemple : là-bas, plus on est gros, plus on est riche !
L'embonpoint est signe de prospérité et de bonne santé. Par conséquent, les enfants sont quasiment "gavés" lors des repas, sans tenir compte de leur appétit ou de leur rythme propre. Beaucoup sont "sur-nourris". Une conséquence funeste de ces manières de faire a été le décès d'une petite Sarah, qui s'est étouffée dans son vomi en avril. Ce n'est qu'un exemple, parmi d'autres...

La ferme de Gachoka

Kenya - Aout 2008_842.JPGSébastien est manager de ferme au village de Gachoka. Manguiers, arbres à papaye, maïs, noix de Macadamia, champignons, Sébastien aide à l'amélioration de la gestion de la ferme.
Ce n'est pas chose facile : les Kenyans sont des agriculteurs et ont du mal à comprendre qu'on ne peut pas gérer une exploitation de plusieurs hectares comme l'exploitation familiale.

Aujourd'hui, la ferme est déficitaire, alors qu'à l'origine, l'exploitation est sensée récolter des fonds pour Carlo Liviero Home. Là, c'est Seb en photo avec un pied d'Aloe Vera !

Les mésaventures d'Embu

J'ai passé énormément de temps avec les enfants au Child Welfare. Expérience inoubliable ! C'est un peu difficile de raconter ça, les mots me manquent...
Sinon en vrac : une crise de palu, la rencontre inattendue de Frère Luc (une vieille connaissance) de la communauté de Taizé, la petite soirée où les jeunes de Carlo Liviero Homme se sont présentés et avaient préparé chants et danses, la soirée d'au-revoir et les cadeaux que m'ont fait les sœurs, la cathédrale en construction...

Bref, il y aurait encore de quoi écrire des pages et des pages... Mais il faut bien que j'en garde un peu à raconter de vive voix !

Toutes les bonnes choses ont une fin !

Le temps du retour était arrivé. Ceux qui me connaissent savent que les voyages, j'aime ça, mais les aspects "formalités et transport" me stressent un peu. Alors je crois que j'ai eu tout ce que je pouvais redouter :

  • Le retour, très long, vers la capitale où nous n'avons pas pu entrer en Matatu à cause d'une "mini-émeute".
  • L'avion qui part avec 2h30 de retard (une heure pour sur-booking, 1h30 pour problèmes techniques).
  • La correspondance ratée à Londres ce qui m'a valu de dormir là-bas (aux frais de Kenyan Airways).
  • La valise perdue.
  • Ma carte bancaire bloquée (hé oui ! J'ai dépassé mes plafonds de paiement là-bas...) : je me suis retrouvé à Paris, sans moyen de paiement et sans billet de train pour rentrer chez moi.
  • Après avoir trouvé un moyen de payer mon billet de train retour, tous les trains sont annoncés avec 1h30 de retard...

Depuis, tout est rentré dans l'ordre, le stress du retour est résorbé...

Comme tout voyage en Afrique, on ne revient pas indemne. Qu'est-ce qui a changé ?
Des paysages plein la vue, certainement, des souvenirs en plus. Mais surtout, la semaine avec les enfants...
Il suffit de regarder les photos, vous comprendrez !

Saisir un commentaire (2)

Kompozitor Kompozitor ·  01 octobre 2008, 23:15

Bon ben voilà : je m'auto-commente !
Greg, il était temps que tu finisse ces chroniques sur le Kenya !
Ça fait quand même un mois que t'es rentré !

Myam Myam ·  04 octobre 2008, 04:54

Merci de nous avoir fait partager tout ça !!!


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