Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Comment pourrions-nous...

Mon ami Julien de Gaïasphère m'embarque, pour mon plus grand plaisir, dans une chaîne de blogs initialisée par Wouf ! Il s'agit de prendre son livre de chevet, l'ouvrir à la 123ème page et d'en recopier la 5ème ligne, ainsi que les trois suivantes. :great:

Exercice un peu délicat, surtout quand ladite ligne tombe au milieu d'une phrase, clôt un chapitre ou tombe dans la biographie... Tout comme Julien, je triche un peu et prend un livre qui est sur mon chevet, mais que je n'ai pas encore commencé !

Il s'agit du livre intitulé Le corps de l'esprit[1], de Xavier Lacroix, professeur de théologie morale de la Faculté de Théologie de Lyon, dont il est le doyen. L'extrait en question est dans la conclusion.

Qui dira tout ce qui peut passer à travers le plus humble de ces gestes, un repas pris en commun, un simple échange de regards ?
Si la vie spirituelle est entrée dans le dynamisme du don, comment pourrions-nous donner sans corps, sans mains, sans bras ?
Désirer s'incarner par amour [...]

Connaissant un peu les écrits de Lacroix, cette phrase doit certainement être la conclusion d'une longue réflexion sur une existence humaine pleinement incarnée, consistante et vivante, à l'opposé et à la contradiction de toute spiritualité mystico-gazeuse. Une vie spirituelle, qui n'est rien d'autre que la vie, concrète, simple, quotidienne...
Dès lors, comment pourrions-nous vivre généreusement sans être pleinement dans la vie et dans le monde ?

Et comme les arts transcendent souvent l'intellect, pour conclure, je laisse la parole à un poète, Charles Peguy :

Car le surnaturel est lui-même charnel
Et l'arbre de la grâce est raciné profond
Et plonge dans le sol et cherche jusqu'au fond
Et l'arbre de la race est lui-même éternel.

Et l'éternité même est dans le temporel
Et l'arbre de la grâce est raciné profond
Et plonge dans le sol et touche jusqu'au fond
Et le temps est lui-même un temps intemporel.

Et l'arbre de la grâce et l'arbre de nature
Ont lié leurs deux troncs de nœuds si solennels,
Ils ont tant confondu leurs destins fraternels
Que c'est la même essence et la même stature.

Et c'est le même sang qui court dans les deux veines,
Et c'est la même sève et les mêmes vaisseaux,
Et c'est le même honneur qui court dans les deux peines,
Et c'est le même sort scellé des mêmes sceaux. [2]

Aux suivants :


Poursuivront-ils la chaîne ?

Notes

[1] Xavier Lacroix, Le corps de l'esprit (2000), Éditions Vie chrétienne, collection Foi vivante.

[2] Charles Peguy, Eve (1913), strophes 847 à 850.

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