Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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Hakuna Matata... Enfin presque - Partie 3

Retour à Namanga, à la frontière. Nous nous préparons pour le "Safari" dans la réserve d'Amboceli...

Credit card story - The beginning

Kenya - Aout 2008_349.JPGNous avions décidé que ce serait nos deux jours "touristiques" : chambre très correcte dans le meilleur hôtel de la ville, safari dans la réserve, si possible en minibus privé.
Nous arrivons, déscendons du Dala-dala, qui en passant la frontière se transforme en Matatu (changement de dialecte...) et nous sommes pris d'assaut par une dizaine de grand-mères Massaï qui veulent absolument nous vendre colliers et bracelets.

Passage à l'hôtel pour le check-in, organiser le safari. Puis passage à la banque pour retirer du liquide pour payer tout ça. Premier hic : ma Mastercard est refusée. Et souvenez-vous, Seb s'est fait voler sa carte bancaire le jour de notre arrivée, ma carte bancaire est donc le seul moyen de paiement que nous ayons. Nous venons donc d'engager 250€ de frais sans pouvoir les payer.

Plan A : on trouve un autre moyen de se procurer de l'argent.
Plan B : au pire, il nous reste en liquide tout juste de quoi payer la première nuit et repartir à Nairobi. On annule la réserve et on part !

Coups de téléphone (un peu paniqués quand même) en France, et grâce à l'aide de quelques potes (merci Lionel, Daï-Chinh, Julien et Stéphane), on arrive à se faire verser de l'argent via Western Union ! Cool ! Justement, il y a un point de retrait juste à côté de l'hôtel !

Plan A réussi : à nous la réserve !

La réserve d'Amboceli

Kenya - Aout 2008_370.JPGDebout à 5h du mat, je suis tout excité à l'idée de pouvoir visiter une réserve : les animaux libres, en pleine nature, la beauté des paysages, tout cela au pied du Kilimanjaro. Notre guide, James, est Massaï. Il a donc grandi dans cette nature sauvage, il connaît les habitudes de chaque espèce et cela nous donne de bonnes garanties de pouvoir observer un maximum d'animaux, en particulier les "Big five" :

  • Kifaru : le rhinocéros
  • Tembo : l'éléphant
  • Simba : le lion
  • Chui : le léopard
  • Mbogo : le buffle

La route pour Amboceli est dans un état pitoyable. Non goudronnée, elle met le minibus à rude épreuve. A tel point que... Au bout d'une heure la direction lâche ! Nos téléphones portables ne captent pas, du coup le chauffeur part à pieds et revient... 4h après avec un mécano de la ville. Ils réparent ça à l'Africaine, façon Mac Gyver, avec deux trombones et un chewing-gum.
Nous voici repartis, tard dans la matinée, un peu énervés et déçus : les animaux se voient surtout au lever du soleil, on a peu de chance d'en voir dans de bonnes conditions !

Et pourtant ! Nous avons eu un bol extraordinaire : nous en avons vu énormément, et même des plus improbables. Les lions étaient au rendez vous, mais aussi : buffles, rhinocéros, gnous, girafes, éléphants, hyènes, zèbres, antilopes, oiseaux, singes, hippopotames... Seuls les guépards manqueront à l'appel.
La journée se termine. On est super heureux.
Direction Namanga, la nuit tombe déjà. On roule 15min. Et là... Re-panne, la même ! On appelle le mécano qui se met en route (le réseau passe ce coup-ci !). Des Massaï en camionnette passent par là et nous proposent de nous reconduire à la ville... pour 100$ !
On décline l'offre et on attend, en pleine nuit, dans un minibus en panne, au fin fond de la brousse Kenyane, en pays Massaï. Juste pour info : tous les guides touristiques conseillent aux Mzungus (les blancs en swahili) de ne pas sortir la nuit, car certains endroits sont un peu coupe-gorge...
Le mécano arrive, en land-rover. Il reste avec le chauffeur du bus pour réparer, et le chauffeur de la voiture nous prend pour rentrer à l'hôtel... Mais pas par la piste principale, ça aurait été trop simple. Il préfère les pistes de brousse qu'on sait jamais trop où elle est. Vous avez dejà vu le Paris-Dakar ? Hé bien la même chose, mais en pleine nuit !

Nous sommes finalement arrivés sains et saufs à l'hôtel, non sans stress...

Credit card story - Dénouement ?

Le lendemain matin, nous rangeons nos affaires et allons retirer notre argent pour régler toutes nos dépenses. Arrivés au bâtiment arborant fièrement le panneau jaune "Western Union", un ouvrier nous informe que la banque est en construction et qu'elle n'ouvrira que dans deux mois !

Sueurs froides... Là, on est dans la merde !

Partir sans payer, c'est pas une bonne idée : le vol est puni de mort par lapidation par la justice populaire, nous cherchons donc une autre solution. Heureusement, la banque dont le distributeur m'avait refusé ma Mastercard avait un point Western Union à l'étage. Bon, le réseau informatique ne fonctionnait pas ce matin là, il a fallu téléphoner à Nairobi pour autoriser la transaction, mais au bout du compte, nous nous sommes acquittés de nos dettes !

La conclusion de cette mésaventure : en Afrique, rien ne se passe jamais comme prévu et quel que soit le programme : s'armer de patience !

Le repos Nairobien

Kenya - Aout 2008_585.JPGNous rejoignons la capitale, pour deux jours. Heureux de ce que nous avons vu dans la réserve, mais quand même très stressés par nos mésaventures, nous décidons de descendre dans un hôtel sympa, plutôt luxueux, mais qui fait des prix très bas pour les résidents Kenyans. Aubaine, puisque Seb et Marjorie sont résidents depuis quelques mois. Malgré cela, il faudra quand même négocier les prix avec le patron de l'hôtel !
C'est dans les mentalités très profondément ancré ! Nous sommes blancs, donc riches, résidents ou non. Et ils considèrent comme dû que nous donnions de l'argent. Tout se monnaie ici : les renseignements dans la rue, les photos des devantures de magasin, les traversées des villages... Ce rapport à l'argent, que les colons ont induit par leurs comportements d'une autre époque, sont très pénibles. Il est très difficile d'avoir une conversation sympa avec un local sans avoir, après un temps plus ou moins long, des appels de phare pour un don matériel !

Et ce qui est dramatique, c'est qu'au bout d'un moment, on se protège, on se méfie, on se demande quand ça va arriver... Ce qui n'est pas toujours le cas ! Car parfois, certains rendent service tout simplement parce qu'ils sont serviables, certains discutent tout simplement parce qu'ils s'intéressent à vous et pas à votre argent... Ça a été très difficile pour moi de trouver une posture et une attitude juste par rapport à cela...

Kenya - Aout 2008_580.JPGNous passons le plus clair de notre temps à West Land qui, comme son nom le suggère, est le quartier des expatriés à Nairobi : Massaï Market pour les souvenirs, bowling, piscine, cinéma... Une petite bulle d'occident dans cette capitale Africaine. Je connaissais son existence en arrivant et, naïf comme je suis, je voyais ça plutôt d'un mauvais œil.

Après les quelques épisodes de stress que nous avons vécu et le côté oppressant des relations avec les locaux, en particulier par rapport à l'argent, j'étais très heureux de pouvoir m'y réfugier, juste un peu, pour me vider la tête autour d'un billard en sirotant une bière ! Juste pour se poser un peu, avant l'étape d'Embu !

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