Le Ch'ti Bonheur

« Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie ! Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie, pour ne pas m'apercevoir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. » (H.D.Thoreau)

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D'oasis en oasis

Il n'y a que ceux qui ont marché de longues heures dans le désert, lentement, un pas après l'autre avec opiniâtreté, qui connaissent le prix d'une oasis...

Qu'ils soient fait de sable et de pierres dans un pays quelconque, ou de nos propres terres humaines et pierres d'achoppement, qu'ils soient géographiques ou bien à l'intérieur de de soi, tous les déserts ont les mêmes caractéristiques :

  • C'est confronté à l'immensité qui nous entoure ou qui est en nous que nous prenons conscience, parfois douloureusement, de notre finitude. C'est face à l'infini et au vertige qu'il génère que nous sommes rattrapés par nos limites... auxquelles il faut patiemment apprendre à consentir...
  • Le désert est un lieu où l'on marche pour vivre et survivre. Décider de s'arrêter sur le bord de la route signerait notre arrêt de mort. Le désert est un univers de nomades...
  • Dans le désert, il faut consentir à marcher sans voir ou discerner son but et sa destination : toutes les dunes se ressemblent et l'horizon semble toujours s'éloigner... Cela nous apprends à considérer la valeur de la marche pour elle-même. Apprendre à l'aimer et à la chérir comme l'aujourd'hui qui est à vivre, ici et maintenant...
  • Le désert est le lieu de la soif, le creuset du désir. C'est au milieu de ces étendues indifférenciées que chaque désir est sculpté à la manière d'une œuvre d'art, avec une étonnante précision. Chaque rêve a valeur de trésor, chaque désir devient la source où l'on peut venir puiser pour se désaltérer et continuer la route.
  • Il n'en reste pas moins que le désert est un lieu d'épreuve, de fatigue et de souffrance. Le lieu du désencombrement de soi, où pour continuer à avancer, il faut accepter de n'emporter avec soi que l'essentiel pour pouvoir continuer à vivre. Le désert érode. Et souvent le superflu. Parfois un peu plus que le superflu...

Et pourtant le désert grouille de vie ! Quand on s'y trouve jeté, contre sa propre volonté, à corps perdu, les différentes oasis qui jonchent sa traversée sont vitales, car elles sont le lieu du repos, de la reconstruction, du ressourcement, le lieu où l'on reprend des forces et où l'on se désaltère.

NomadeLieux de rencontres et de convivialité, nos oasis humaines prennent des visages variés, parfois surprenants : ce temps passé avec tel(le) ou tel(le) ami(e), ce morceau de musique, une ballade en nature ou ce moment passé à faire du sport, telle ou telle scène de la vie ordinaire volée au détour d'une rue ou d'une caisse de supermarché, ce livre, ce film...

Il appartient à chacun d'entre nous de nommer ces lieux, ces choses, ces personnes qui nous mettent en paix et sur qui nous pouvons nous reposer (dans les deux sens du terme)...

Le désert, il me semble que le le connais bien : il m'a apprivoisé, je l'ai apprivoisé. De retour, après quelques mois de marche enlisée, sur des routes bien goudronnés et des sols moins meubles, je retrouve parfois un peu de sable dans mes chaussures.
Juste histoire de me rappeler qu'on a beau essayer de bétonner sa vie, parfois même de la ranger ou de la cloisonner, nous emmenons partout avec nous cette immensité intérieure qui nous dépasse et qui fait de nous des hommes et des femmes de désir...

Ce qui reste vital, après tout, c'est de rester un nomade, un pèlerin. Prendre son bâton de route et avancer. Il n'y a que les routes qui sont belles...

Saisir un commentaire (4)

Steph Steph ·  12 mai 2008, 17:35

...Et peu importe où elles nous mènent !

Bonne marche !


Kompozitor Kompozitor ·  12 mai 2008, 17:39

@Steph : Lol ! Quelle réactivité Stéphane ! Depuis ton lieu de travail en plus ! T'as pas honte ?

Steph Steph ·  12 mai 2008, 17:59

Bah, c'était pas jour férié aujourd'hui ? :LOL
Allez, je te laisse je vais rater le dernier dromadaire vers mon oued du XIIIeme! :-P

Eiffel Eiffel ·  03 juin 2008, 14:04

On peut évoquer les mirages dont notre désert moderne est rempli. Mirage de la possession... mirages scientifiques... mirages virtuels du désert numérique... sur la toile duquel ça fait cependant du bien de croiser un prêcheur de temps en temps.

À ce souère, pépère !

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